Quelles sont les différences entre l’écriture et l’écriture en ligne ?

Écrire en ligne est un exercice difficile, mais qui ne devrait pas vous effrayer, bien au contraire : c’est à la portée de tous, à condition de procéder avec professionnalisme et, parfois, de se faire accompagner de bons experts. Il existe quelques règles de base et quelques conseils simples qui peuvent vous rendre service : voyons donc ici ce qui ne change pas, ce qui change vraiment et enfin ce qui réunit l’écriture en ligne et l’écriture traditionnelle sur papier.

Ce qui ne change pas entre le papier et Internet

Après tout, écrire en ligne ou non, c’est toujours écrire ! Il y a des choses qui sont invariables, il convient donc de commencer par là ce chapitre :

  • Tout d’abord, l’orthographe : certes, les fautes des internautes sont nombreuses, notamment dans les commentaires qui font parfois peine à voir, mais ceci n’est pas une raison pour en ajouter. Ceci d’autant plus que vous représentez probablement une marque et que de ce fait, vous ne pouvez pas vous permettre de compromettre sa crédibilité ;
  • Les images et les illustrations : c’est une banalité que de dire qu’une image vaut mieux qu’un long discours. Ceci est valable quel que soit le support : papier ou Internet : il est préférable d’illustrer ses propos d’images ou d’illustrations de toutes sortes. Elles permettent de reposer les yeux, voire même de mémoriser le texte. Mais, n’abusez pas d’images qui sont difficiles à référencer et qui doivent toujours rester pertinentes vis-à-vis de votre discours. Pour ce faire, proposez une « métaphore » qui permette la mémorisation du contenu ou fournissez un schéma explicatif moins graphique. Cette transposition d’un concept abstrait en un objet concret porte un nom : la réification.
  • S’adapter à son auditoire : voilà une règle qui n’est pas non plus spécifique à Internet. Un écrit, qu’il soit en ligne ou non, doit trouver son public. Soit vous connaissez déjà cet auditoire, soit vous essayez de le constituer en le fédérant autour de vos contenus. Il n’y a pas de martingale en ce domaine : vous pouvez créer un contenu intéressant, il n’y a pas de recette pour cela et les utilisateurs vous suivront. Ou alors, vous essayez de vous adapter à leurs besoins au fur et à mesure du temps, par exemple en leur demandant ce qu’ils veulent au travers d’un sondage. Dans ce cas, l’Internet a une supériorité incroyable par rapport au papier, car il permet d’interroger directement les lecteurs ;
  • Soigner ses titres : voilà bien un travail de rédacteur en chef ! Il n’y a donc ici aucune différence entre un journal et un blog ou un site Web d’ailleurs. Soigner son titre permettra d’en améliorer la pertinence par rapport à son auditoire et d’en susciter l’intérêt. L’Internet apporte cependant une dimension supplémentaire par rapport à cela, c’est celle qui consiste à améliorer le référencement naturel de vos contenus et de vos sites, pour élargir de façon interactive le lectorat ;
  • Aller de l’essentiel au particulier : c’est également une technique journalistique traditionnelle, celle qui consiste à présenter les résultats principaux en tête de ses articles puis d’approfondir et de présenter les détails, ensuite. Une façon de procéder assez courante consiste à inscrire un chapeau en dessous du titre : il reprend les principaux éléments de conclusion et permet à quiconque n’a pas le courage de lire l’intégralité de l’article, de comprendre et de mémoriser l’ensemble.

Ce qui change avec Internet

  • Le style : le style de l’écriture en ligne a toujours tendance à être beaucoup plus relâché que celui de l’écriture sur papier surtout quand on passe par Dragon ou autres dictaphones. Nous nous en sommes aperçus en adaptant certains de nos écrits en ligne pour notre livre précédent. Aucun n’a pu être repris in extenso. Outre le fait que nous avons apporté de nécessaires rafraîchissements, des chiffres actualisés et des remarques originales à nos textes antérieurs, nous nous sommes vite aperçus que le style de nos articles devait être modifié afin de s’adapter à l’écriture papier. Il est notamment courant d’apostropher le lecteur en ligne, ce convient beaucoup moins bien au papier car la relation y est plus distante ;
  • Des liens, des liens, des liens ! Voilà une chose hélas rarement comprise quand on se lance dans la communication digitale. Il n’y a rien de plus rébarbatif sur le web, que ces pages sans liens hypertextes vers l’extérieur ni même vers leurs propres contenus. Procéder ainsi, c’est faire montre d’une totale incompréhension du fonctionnement et des particularismes du Web d’une part, et d’autre part de la façon dont est lue une page en ligne. Si nous devions prendre la page de ce chapitre et la publier sur Internet directement, elle deviendrait de facto complètement illisible.Pourquoi ? Tout simplement parce que l’œil de l’utilisateur se repose de lien en lien : chaque lien agit comme un moyen de fixer le regard et de passer à l’étape suivante. On lit très peu sur Internet : la tendance est de « scanner » un texte rapidement. Les liens permettent le passage rapide d’un sujet à un autre sans fatiguer la vue. D’autre part, le Web est un formidable moyen pour ajouter de l’interactivité dans un texte, en enrichissant ses contenus. Alors pourquoi vouloir lasser ses lecteurs avec des textes sans liens ? S’il y a un conseil seulement à retenir de ce chapitre, c’est celui-ci : ajoutez systématiquement des liens dans votre texte de façon à en améliorer l’interactivité et la lisibilité : vos lecteurs apprécieront et la durée de lecture de vos contenus en sera prolongée.Pour ceux qui ne seraient toujours pas convaincus, nous les invitons à se rendre, grâce à Archive.org, la mémoire de l’Internet, sur l’ancien site, très provocateur, du Pape de l’utilisabilité des sites Web (Jakob Nielsen) (www.useit.com), hélas changé en 2013. En dehors du caractère volontairement hideux du graphisme de ce site, vous vous apercevrez instantanément de sa lisibilité et de la facilité avec laquelle vous allez « photographier » son contenu grâce aux liens hypertextes : CQFD.
    La version antérieure, encore visible en 2012, du site de Jakob Nielsen. En dehors de son côté provocateur, n’importe quel lecteur comprend instantanément l’importance des liens en lisant cette page
  • La répétition n’est pas un crime : au vu de ce qui précède, et du fait que les utilisateurs scannent les contenus au lieu de les lire, il est donc pas aussi rédhibitoire de se répéter en ligne, par rapport au papier. Si, dans cet ouvrage, nous devions répéter toutes les 3 pages la même chose, il y a fort à parier que le lecteur nous abandonnerait. Sur Internet, c’est beaucoup moins grave, la lecture étant beaucoup moins rectiligne ;
  • S’adresser directement aux lecteurs : c’est l’avantage du numérique, qui est interactif ; il est donc possible de faire interagir et réagir le lecteur, d’où la présence de liens. N’hésitez pas à solliciter son feedback, au travers de questionnaires, de commentaires ou de sondages par exemple ;
  • Découper ses articles en sous-parties : il serait curieux de découper en quatre ce chapitre parce qu’il est trop long. Sur le papier, pas de problème, on rajoute des pages, et les « gros » livres se vendent bien car ils sont gage d’un travail dans la durée, ce qui est apprécié des lecteurs. Sur Internet, le fonctionnement est différent ; notamment sur un blog. Un article trop long, coupé en 3 ou 4 épisodes, attirera beaucoup plus de lecteurs et améliorera énormément son référencement ;
  • Les listes à puces : certes, notamment dans les livres de management, les auteurs ont tendance à utiliser les listes à puces, et nous ne sommes pas les derniers (notamment dans ce chapitre). Ceci étant, ce n’est pas le mode d’écriture le plus élégant. Sur Internet, notamment dans les blogs, les listes ordonnées sont peut-être l’outil le plus utile et le plus facile à utiliser pour les auteurs, en même temps qu’elles améliorent la lisibilité pour le lecteur.

Ce qui fusionne entre le papier et l’Internet

Il faut cependant cesser de regarder l’Internet comme un objet bizarre. Comme dans le commerce, il y a de plus en plus de fusions créatrices entre le monde réel et le monde en ligne. D’une part, les liens, et notamment les liens raccourcis permettent de rajouter de l’interactivité dans un texte papier. Nous le démontrons dans ce livre à chaque page. L’adjonction d’une URL courte (une adresse Internet abrégée qui permet, après personnalisation, de retenir rapidement un lien et de le recopier sans difficulté) est un moyen de poursuivre sa lecture en ligne rapidement.

L’adjonction d’un code-barres 2D (QR code) permet encore plus d’interactivité. Dans ce cas, il n’est même plus nécessaire de retenir une adresse, même simplifiée ; il suffit en effet armé de son téléphone de scanner le code-barres en question pour être amené sans difficulté à la page voulue. On peut ainsi réaliser des écrits qui mêlent intelligemment le papier et l’Internet. Jacques Attali, puis Henri Kaufman (avec Internet a tout changé), furent les premiers, en France, à expérimenter cet outil.

Mais, il existe encore des façons beaucoup plus sophistiquées de lier un écrit et l’interactivité du Web, comme les nouvelles techniques de réalité augmentée, telle la technologie de l’entreprise germano-américaine Metaio qui a rendu le catalogue IKEA 2013 entièrement interactif. Il suffit de scanner une page avec son mobile, pour l’animer et visionner par exemple, les rangements possibles derrière la porte d’un meuble. À l’extrême, certains livres ne contiennent que des QR codes, comme le QR1BOOK.

Le nouveau catalogue interactif IKEA 2013 qui utilise la technologie Metaio de reconnaissance et d’animation de l’image

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